Archives de mars 2012

Youssef al-Qaradaoui, le prédicateur sunnite qui inquiète la France


Youssef al-Qaradaoui, le prédicateur sunnite qui inquiète la France:

   
prédicateur sunnite Youssef al Qaradaoui, le prédicateur sunnite qui inquiète la France
   
Michel Garroté – Le cheikh al-Qaradaoui n’est pas le bienvenu en France (voir lien vers la source en bas de page). Connu pour ses propos antisémites, le prédicateur est invité par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) pour assister à la 29e Rencontre annuelle des musulmans de France, du 6 au 9 avril, au Bourget, dans le nord de Paris. Mais sa visite suscite depuis plusieurs jours une vive polémique. Depuis les tueries de Toulouse et de Montauban, entre les 11 et 19 mars, plusieurs voix au sein de la classe politique se sont élevées contre une éventuelle présence sur le territoire français de Qaradaoui, considéré comme l’un des plus influents prédicateurs de l’islam sunnite. Le Front national a été le premier parti à s’indigner de sa visite, suivi du député PS Manuel Valls qui a dénoncé « ses fréquents propos antisémites ». Le président français Nicolas Sarkozy s’est clairement positionné sur le sujet, lundi 26 mars, sur l’antenne de la radio France Info : « J’ai indiqué à l’émir du Qatar lui-même que ce monsieur n’était pas le bienvenu sur le territoire de la République française », a-t-il déclaré. « Il ne viendra pas ». Barbe grise et turban blanc, le religieux sunnite de 86 ans doit sa notoriété à la chaîne d’informations Al-Jazeera basée au Qatar. Chaque semaine, il officie dans son émission de deux heures « Vie et charia », que suivent des millions de musulmans, y compris en France. Il répond aux questions des fidèles sur différents aspects de la pratique de la religion musulmane en apportant une interprétation rigoriste des textes religieux.
Né en Égypte en 1926, il rejoint durant ses études la confrérie des Frères musulmans, ce qui lui vaut d’être emprisonné à plusieurs reprises dans les années 1950. En 1961, il s’exile au Qatar, pays qui lui offre la nationalité. Il y vit depuis confortablement avec sa deuxième épouse, beaucoup plus jeune que lui. Considéré comme l’une des personnalités religieuses les plus influentes de sa génération, il diffuse ses prêches en s’appuyant sur les médias, comme la télévision et Internet. En 1997, il fonde le site populaire Islam Online, sur lequel il publie ses fatwas (avis religieux). Cet intellectuel compte aussi une centaine d’ouvrages dont « Le licite et l’illicite en islam », traduit dans plusieurs langues et vendu à des millions d’exemplaires. Cet ouvrage a toutefois été interdit en France en 1995, avant d’être à nouveau autorisé, en raison de passages polémiques sur les homosexuels (« ces êtres nocifs ») et la vie conjugale (« il [le mari] lui est permis de la [son épouse] battre légèrement, avec ses mains, en prenant soin d’éviter le visage ou d’autres parties sensibles »). Parmi ses multiples positions religieuses qu’il assimile à un « islam modéré », le cheikh Qaradaoui a dénoncé les attaques du World Trade Center et affiché son opposition à Al-Qaïda, en appelant les Taliban à ne pas détruire les bouddhas de Bamiyan en 2001. Il soutient cependant « la résistance » à ce qu’il appelle l’occupation de l’Irak en 2003. L’année suivante, il publie, avant de se rétracter, une fatwa autorisant l’enlèvement et le meurtre de civils américains en Irak pour faire pression sur l’armée américaine afin qu’elle retire ses forces. En 2008, il élève Saddam Hussein au rang de « martyr ».
Le prêcheur cathodique est particulièrement connu pour ses positions antisémites. Il publie régulièrement des fatwas appelant au djihad contre Israël et les juifs car il considère « toute la Palestine » comme un territoire musulman, en accord avec l’idéologie des Frères musulmans et du Hamas. Il s’oppose fermement à l’existence de l’État d’Israël et de l’Autorité palestinienne et affiche son soutien au Hamas – en 2004, il soutient notamment le recours aux attentats-suicides par le mouvement. En janvier 2009, il déclare sur Al-Jazeera : « Tout au long de l’Histoire, Allah a imposé [aux juifs] des personnes qui les puniraient de leur corruption. Le dernier châtiment a été administré par Hitler […]. C’était un châtiment divin. Si Allah le veut, la prochaine fois, ce sera par la main des musulmans ». En 2011, cheikh Qaradaoui a régulièrement exprimé sur la chaîne satellitaire du Qatar son soutien aux populations égyptienne, tunisienne et libyenne. Il a appelé le peuple égyptien à se battre contre les despotes et a interdit aux forces de sécurité de tuer des civils. Le 18 février, il est de retour en Égypte pour conduire la prière place Tahrir après la démission du président Hosni Moubarak. Il s’agit de sa première apparition publique en 50 ans, preuve de sa grande popularité dans le pays. Dans la foulée, il appelle Mouammar Kadhafi à renoncer au pouvoir et à tirer les leçons de l’Égypte et de la Tunisie. Il lance dès le début du conflit une fatwa contre le dictateur, « afin de le [Mouammar Kadhafi] tuer ».
Soucieux de l’expansion chiite dans les pays musulmans, le prédicateur sunnite s’est surtout manifesté ces derniers mois par ses diatribes antichiites et ses appels virulents à faire tomber le régime syrien de Bachar al-Assad, au point qu’il en est arrivé à envisager les conditions du djihad contre le pouvoir de Damas, allié de l’Iran, son nouvel ennemi. Le religieux appelle aujourd’hui à verser l’argent du « zakat » (l’aumône légale islamique) aux Syriens qui se sont soulevés depuis plus d’un an contre le régime en place. La réaction de la France, qui s’oppose à l’invitation du cheikh Qaradaoui en tant que président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche (CEFR), surprend le président de l’UOIF, Ahmed Jaballah, qui qualifie le religieux d' »homme de paix et de tolérance ». « L’invitation […] est connue depuis des semaines. Donc pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi ça n’a pas été dit dès le départ ? », s’interroge-t-il. Qaradaoui a déjà effectué au moins deux visites en France. En 1992, dans la Nièvre, il présidait la première cérémonie de remise de diplômes à l’Institut européen des sciences humaines, une école de formation des imams encadrée par l’UOIF. En 2002, il a été accueilli en grande pompe, à Paris, pour le congrès annuel du CEFR. Mais, à l’époque, il ne suscitait, semble-t-il, aucune méfiance de la part des autorités françaises. Youssef Al-Qaradaoui « est un grand savant musulman connu par ses positions de modération et de juste milieu », ajoute Ahmed Jaballah. « C’est un homme de dialogue et d’ouverture. Il a été reçu par le pape Jean-Paul II et il a rencontré des représentants chrétiens et juifs ». En février 2008, la Grande-Bretagne a refusé un visa à Qaradaoui, le ministère britannique de l’Intérieur jugeant alors que « la Grande-Bretagne ne tolèrera[it] pas la présence de ceux qui cherchent à justifier tout acte de violence terroriste ». Il dispose toutefois d’un visa diplomatique délivré par le Qatar qui lui permet de voyager partout dans le monde (voir ci-dessous le lien vers la source).
Copyright Michel Garroté 2012 & Sources citées
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nazislamiste 42 Youssef al Qaradaoui, le prédicateur sunnite qui inquiète la France
   
   
 
   
    

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Tunisie/ "Liberté et équité" affirme l’existence de prisons secrètes


Tunisie/ « Liberté et équité » affirme l’existence de prisons secrètes: L’association liberté et équité a affirmé que les détails et les circonstances de l’affaire du vieil homme inconnu, trouvé le premier septembre 2011 à l’hôpital Charles Nicolle révèlent l’existence de prisons secrètes sous les régimes Bourguiba et de Ben Ali.

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peace–now:

March 30:

Palestinians and Israeli police fight during a protest marking Land Day in Jerusalem, which protests Israel’s land policies. 

(Photo: Menahem Kahana, Agence France-Presse/Getty Images)

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Luttes sur la « politique du Proche-Orient » au PS – Sebbane et Dijane mettent Pascal Boniface KO.


Luttes sur la « politique du Proche-Orient » au PS – Sebbane et Dijane mettent Pascal Boniface KO.:

La semaine dernière, JSSNews publiait coup sur coup les tribunes de Jérémy Sebbane / Benjamin Dijane et Pascal Boniface. Si la première tribune, rédigée par deux militants actifs dans la campagne de François Hollande, appelait à plus de neutralité et de centralité dans les affaires proche-orientales au Parti Socialiste, il n’a fallu à Pascal Boniface que de lire le nom des auteurs pour les stigmatiser en parlant de « vote juif » et de « communautarisme. » Des attaques somme toute grotesques que les deux accusés réfutent aujourd’hui dans un nouvel article. Visiblement, quand il s’agit de débat d’idées face à des jeunes gens intelligents et censés, Pascal Boniface ne fait plus le poids. Ce soir, il a été mis KO.
Nous ne voulions pas répondre à Pascal Boniface. La réponse qu’il croyait faire à notre tribune n’appelait, en effet, aucune autre attitude. Nous avons parlé des valeurs de la gauche, cité Léon Blum, Pierre Mendès France et François Mitterrand. Pascal Boniface nous a répondu « communautarisme ». Nous avons parlé du chemin pour la paix entre Palestiniens et Israéliens, il nous a répondu « vote juif », son obsession depuis maintenant plus de dix ans.
Mais nous n’avons pas voulu rester silencieux après les tragiques événements qui ont endeuillé la France ces derniers jours parce que nous avons la conviction que les mots tuent et que la situation est bien trop grave pour continuer à laisser tribune ouverte aux pires divagations, aux pires accusations.
En réponse à notre tribune dans laquelle il n’est cité qu’une fois, au détour d’une phrase, Pascal Boniface, dans un style qu’on lui connait bien, a souhaité nous donner des leçons d’universalisme par opposition à notre supposé communautarisme. Que Pascal Boniface se ravise: nous n’avons aucune leçon à recevoir de lui.
Dénoncer le communautarisme
Pas de leçon d’honnêteté intellectuelle d’abord. Pascal Boniface nous reproche de ne pas avoir lu ses travaux, hésitant à nous qualifier de « malhonnêtes » ou d’ « inconséquents ». Marine Le Pen ne cessant de citer son dernier livre lors de son débat sur France 2 contre Caroline Fourest ou Bruno Gollnisch lui consacrant un article élogieux sur son blog font certainement, à ses yeux, une meilleure lecture de ses publications. On a les amis qu’on mérite.
S’agissant de la tristement célèbre note à laquelle nous faisons référence dans notre tribune, il se trouve que nous avons seulement eu la même lecture qu’Elie Barnavi qui a trouvé son contenu « à la limite de l’antisémitisme », Laurent Fabius qui, pour protester contre ce même texte, a démissionné du conseil d’administration de l’IRIS ou Pierre Moscovici qui a endossé la responsabilité de son débarquage du Parti Socialiste tant la vision paranoïaque et extrémiste qu’il défendait ne pouvait être représentative des valeurs portées par la gauche. Nous laissons à Pascal Boniface le soin de démontrer que ces trois personnalités sont, comme nous, malhonnêtes ou inconséquentes.
Et peut-être est-ce aussi le cas dans son esprit de Martine Aubry qu’il a injustement stigmatisée dans un billet, publié sur son blog le 29 mars 2011, simplement parce qu’elle ne voulait pas associer, dans une pétition, sa signature à celle de Tariq Ramadan? Il est vrai que Pascal Boniface n’a jamais dénoncé le communautarisme de ce dernier mais, au contraire, préféré saluer ses positions concernant un « moratoire » sur les violences faites aux femmes. Comment aurait-il pu en être autrement? Quelle différence, en effet, entre le prédicateur auteur d’un texte sur « les nouveaux intellectuels communautaires » expliquant, liste à l’appui, que des personnalités juives ne peuvent pas s’exprimer sur le Proche-Orient et Pascal Boniface qui attaque notre texte appelant à suivre le chemin de François Mitterrand et à voter pour François Hollande en nous répondant sur notre supposée judéité?
De gauche
La vérité est que Pascal Boniface ne voit pas en nous des militants de gauche. Pascal Boniface ne voit en nous que des Juifs. Sinon, comment expliquer l’incompréhensible titre de sa réponse à notre texte: « Vote juif: non au communautarisme de gauche«  ? Comment expliquer que, dans une suprême confusion, il nous assimile au CRIF alors même que notre tribune portait sur un événement historique: les 30 ans du discours à la Knesset de François Mitterrand dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas été salué par l’ensemble des Juifs de France et de leurs représentants officiels?
En lisant nos noms, sans regarder nos qualités, Pascal Boniface a établi son diagnostic: il s’agit d’une parole juive.
Quiconque lit attentivement la « réponse » de Pascal Boniface constate, en effet, que celui-ci nous conteste ni plus ni moins le droit de pouvoir, en tant que citoyens français, nous intéresser à un sujet de politique internationale. La vérité est que Pascal Boniface ne nous connaît pas. Il ne veut pas savoir que nous militons au quotidien dans cette campagne pour l’alternance et le changement. En lisant nos noms, sans regarder nos qualités, Pascal Boniface a établi son diagnostic: il s’agit d’une parole juive. Nos noms parlent pour nous, leur lecture a suffi à Pascal Boniface pour considérer que nous n’étions pas de gauche et que sur le Proche-Orient, nous devrions nous taire.
Mais, au fond, pour qui roule Pascal Boniface? Pour la gauche, vraiment? Mais qu’a-t-il fait pour elle depuis dix ans si ce n’est brouiller son message, polluer ses idées, abîmer son idéal et tenter de grands écarts avec ses valeurs? Pourquoi s’acharne-t-il sur une tribune soutenant François Hollande en l’accusant de flatter l’appartenance communautaire mais ne s’exprime-t-il pas sur les réelles dérives communautaristes de Nicolas Sarkozy? Les bus séparant femmes et hommes affrétés pour le meeting de ce dernier à Villepinte par le recteur de la mosquée Al-Islah de Montreuil ou l’intervention de Christine Boutin qui justifie ses positions rétrogrades sur les questions de société par son attachement aux valeurs chrétiennes ne l’ont pas fait réagir. Mais cela n’a rien d’étonnant.
Dégradation du climat républicain
Car comment donner des leçons de communautarisme quand on passe son temps soi-même à importer le conflit israélo-palestinien en France, à diviser les Français, à les jeter les uns contre les autres? Entre le Pascal Boniface de sa dernière tribune rejetant le communautarisme et celui qui va à Alger, comme l’a raconté avec précision le journaliste Mohamed Sifaoui, tenir conférence pour pourfendre le « lobby juif » et regretter « l’inexistence d’un lobby arabe ou musulman », lequel faut-il croire? Entre le Pascal Boniface, expert en relations internationales se réclamant de l’universalisme et celui qui limite cette notion à la critique obsessionnelle d’Israël en n’ayant que bien peu de mots pour les victimes de la répression sanglante en Syrie, pour le sort des Darfouris génocidés, des homosexuels iraniens pendus ou des femmes afghanes lapidées, lequel faut- il choisir?
Pascal Boniface pourra toujours se vanter comme l’ont fait plus d’une fois avant lui Dieudonné ou Jean-Marie Le Pen d’avoir obtenu une décision de justice favorable, rien ne nous empêchera de rappeler combien sa responsabilité comme celle de tous ceux qui se sont évertués à faire passer les Juifs de France pour des soutiens inconditionnels à un Etat qui tuerait sciemment des enfants est écrasante dans la dégradation du climat républicain de notre pays.
Promouvoir le vivre-ensemble
Car qu’on le veuille ou non, quand l’assassin de Toulouse dit vouloir « venger les enfants palestiniens » en tuant devant leur école des enfants juifs français, ceux qui ont participé à entretenir la confusion et l’amalgame comme Pascal Boniface le fait depuis dix ans sur les Juifs et Israël ont, de toute évidence, l’obligation de se livrer à un examen de conscience.
Nous sommes d’une génération différente de celle de Pascal Boniface. Cette génération aspire à restaurer la République et à redonner toute sa force à l’idéal du citoyen. Diverse et métissée, elle refuse cependant qu’on la limite à ses origines. Nous refusons comme Pascal Boniface le fait d’être limités à notre présumée religion. Nous continuerons à nous exprimer pour promouvoir le vivre-ensemble. Nous continuerons à dénoncer son attitude visant à allumer des feux que la société a aujourd’hui bien du mal à éteindre. Puisse Pascal Boniface retenir au moins cette leçon.
Par

Jérémy Sebbane, membre du Parti Socialiste, auteur de Pierre Mendès France et la question du Proche-Orient

Benjamin Djiane, membre du Parti Socialiste, vice-président de Socialisme et Judaïsme

Première publication ici.

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