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Syrie. Une journaliste japonaise tuée, trois autres reporters portés disparus


Des rebelles combattent les troupes pro-Al-Assad dans les rues d'Alep (Syrie), le 18 août 2012.

Des rebelles combattent les troupes pro-Al-Assad dans les rues d’Alep (Syrie), le 18 août 2012.

(ACHILLEAS ZAVALLIS / AFP)

 

Une journaliste japonaise a été tuée lundi 20 août en couvrant les affrontements à Alep, tandis que deux reporters arabes et un troisième turc sont portés disparus dans cette deuxième ville de Syrie, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La journaliste japonaise a été tuée alors qu’elle se trouvait à Sleiemane al-Halabi, quartier de l’est d’Alep où de violents affrontements ont éclaté lundi matin entre troupes du régime et rebelles. L’ONG, dont le siège est en Grande-Bretagne, précise uniquement que l’un des deux reporters arabes est une Libanaise et l’autre un journaliste arabe travaillant pour le compte d’un média américain.

FTVi avec AFP

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MOYEN-ORIENT : Syrie Damas s’embrase


Damas s’embrase

 • Combats pour le contrôle de l’aéroport militaire de la capitale
•Alep lourdement bombardé 

PRES D’ALEP, Syrie (AFP) — Des combats faisaient rage  hier près du principal aéroport militaire de Damas alors que des quartiers  insurgés d’Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial du conflit, étaient pilonnés par l’armée syrienne.
Ces violences ayant fait au moins 21 morts selon une organisation syrienne se déroulaient au lendemain de l’annonce par le Conseil de sécurité de la fin de la mission des observateurs de l’ONU en Syrie, qui étaient chargés depuis avril de surveiller un cessez-le-feu qui n’a jamais été appliqué.
En visite en Turquie, dernière étape d’une tournée l’ayant conduit en Jordanie et au Liban, pays voisins de la Syrie, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a haussé le ton en affirmant que le régime syrien devait «être abattu et rapidement».
Comme tous les vendredis depuis le début de la révolte il y a 17 mois, des manifestations ont été organisées, malgré la répression, un peu partout en Syrie sous le slogan «avec une Armée syrienne libre (ASL) unie, la victoire est assurée», en référence aux insurgés qui combattent les troupes du régime.
Dans la ville d’Idleb, les forces de l’ordre ont encerclé les mosquées pour empêcher les fidèles de défiler dans la rue, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (Osdh).
Et dans les provinces d’Alep (nord), en grande partie sous contrôle rebelle, et de Deraa (Sud), foyer de la révolte, des «manifestations massives» ont eu lieu pour réclamer le départ du président Bachar Al-Assad, selon l’Osdh qui tire ses informations d’un réseau de militants et de témoins.
Sur le front militaire, des combats ont éclaté près de l’aéroport militaire de Mazzé, dans la banlieue ouest de Damas, preuve d’une résistance rebelle dans la capitale malgré les nombreux communiqués des autorités assurant que la ville avait été «nettoyée des terroristes».
Plusieurs quartiers du sud de Damas ont également été bombardés par l’armée, selon l’Osdh qui rapporte par ailleurs des accrochages sur l’autoroute reliant la capitale à la ville de Deraa (sud), près de la frontière jordanienne.
A Alep, insurgés et forces armées se livraient toujours bataille pour le contrôle de cette ville stratégique située à 355 km au nord de Damas, en proie à des combats depuis près d’un mois.
Plusieurs quartiers où les rebelles sont retranchés étaient bombardés tandis que des combats se déroulaient dans d’autres secteurs de la métropole, forçant les civils à se réfugier dans des abris ou à fuir, selon l’Osdh.
Ces combats font également courir des risques aux travailleurs humanitaires qui, pour cette raison, peinent à octroyer une aide médicale aux civils, selon la Croix-Rouge britannique.
Par ailleurs, les corps de 65 personnes non identifiées ont été retrouvés à Qatana, à 20 km au sud-ouest de Damas, selon l’sdh.

Réfugiés et diplomatie

Signe de l’impuissance de la communauté internationale face aux violences qui ont fait en Syrie plus de 23.000 morts en 17 mois selon l’Osdh, la mission de supervision des Nations unies en Syrie (Misnus) se terminera «dimanche (demain)  à minuit».
Selon l’ambassadeur de France à l’ONU Gérard Araud, il y a toutefois «une volonté consensuelle» du Conseil de maintenir une présence de l’ONU à Damas sous forme d’un bureau de liaison.
Après cette décision, l’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, a annoncé qu’une rencontre du groupe d’action internationale sur la Syrie se tiendrait vendredi (hier).
Moscou veut que les grandes puissances, divisées sur la question d’un départ de M. Assad, lancent avec l’Arabie Saoudite, l’un des principaux soutiens rebelles, et l’Iran, principal allié régional de Damas, un appel aux belligérants pour qu’ils mettent «fin à la violence le plus tôt possible».
Téhéran a pour sa part annoncé avoir accepté une proposition du président égyptien Mohamed Morsi pour la création d’un groupe de contact sur la Syrie avec l’Egypte, l’Iran, l’Arabie Saoudite et la Turquie.
Concernant le dossier des réfugiés, plus de 2.000 Syriens, dont un général, ont fui jeudi la Syrie pour la Turquie à la suite d’un raid aérien de l’armée sur le bastion rebelle d’Azaz (nord), a déclaré à l’AFP un diplomate turc,  portant à 62.000 le nombre total des réfugiés syriens en Turquie.
Près de 200.000 Syriens se sont par ailleurs réfugiés en Jordanie et au Liban, pays à l’équilibre confessionnel fragile qui connaît un regain de tensions en raison du conflit syrien.
De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) s’est fixé comme objectif de nourrir environ un million de personnes d’ici à fin septembre en Syrie.

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Au Liban, le clan Moqdad enlève des Syriens, et importe leur conflit


Le Monde.fr | 16.08.2012 à 19h01 • Mis à jour le 16.08.2012 à 22h48

Par Shahzad Abdul

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Ce jeudi 16 août se tenait une « réunion du dialogue national » au Liban, rassemblant les différents partis politiques. Tout un symbole, alors que cette nuit a été marquée par des violences à Beyrouth, après une série d’enlèvements de Syriens, revendiqués par le clan libanais Al-Moqdad. Ce puissant clan chiite affirme détenir plus de vingt Syriens qui appartiendraient à l’Armée syrienne libre (ASL), en représailles à l’enlèvement d’Hassan Al-Moqdad, un des membres de leur clan, par un groupe armé de l’ASL deux jours auparavant. Les rebelles syriens l’accusant d’être un franc-tireur et un membre du Hezbollah, le mouvement chiite libanais qui soutient le régime de Bachar Al-Assad.

Qui sont les membres de ce clan, qui peut se permettre de kidnapper une vingtaine de ressortissants syriens, ainsi qu’un Turc et un Saoudien, et menacerpubliquement l’ASL de représailles plus larges ? Les Moqdad sont un clan de plusieurs milliers de personnes, originaires de Baalbek (est), berceau du Mouvement de la résistance islamique (ancêtre du Hezbollah), à la frontière syrienne, et également implanté dans la banlieue sud de Beyrouth. « Il gravite autour du Hezbollah, sans lui faire allégeance. Le ‘parti de Dieu’ a toujours entretenu une relation complexe avec les clans familiaux chiites de la région, dont les Moqdad, qui lui ont déjà fait perdre des élections. Il bénéficie à la fois de la protection du mouvement chiite et d’une certaine autonomie vis-à-vis de lui », explique Franck Mermier, anthropologue et directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Liban.

« CES ENLÈVEMENTS SONT UNE BOÎTE DE PANDORE »

De fait, le clan, dont le quartier général se trouve dans le sud de la capitale, a promis de s’en prendre à d’autres Syriens, qui seront désormais « tous des cibles légitimes ». Autant que les ressortissants des pays du Golfe, que les Moqdad accusent de soutenir les rebelles syriens. A tel point que l’Arabie saoudite, suivie par le Qatar, le Koweït, le Bahreïn et les Emirats arabes unis ont exhorté leurs citoyens à quitter immédiatement le pays, où leur sécurité n’est plus garantie par le gouvernement, « tenu par un équilibre de la terreur », selon Frank Mermier, auteur de Leaders et partisans au Liban (Karthala).

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’annonce, démentie ensuite, de la mort de quatre chiites libanais détenus en Syrie, a plongé la capitale dans la violence. La route stratégique menant à l’aéroport a été coupée. La timide réponse du gouvernement, paralysé par la politique de consensus des deux principaux mouvements politiques, celui du 8-Mars (au pouvoir, coalition dominée par le Hezbollah) et celui du 14-Mars (coaltion dominée par le mouvement de Saad Hariri), est révélatrice de la difficulté du pouvoir à maintenir l’ordre dans le pays. « L’absence de réaction ferme de la part du gouvernement face à l’irruption de la violence des clans sur la scène libanaise est un miroir grossissant. La violence s’installe dans l’espace public libanais, avec une technique qui a un long passif au Liban : la prise d’otage », analyse Daniel Meier, chercheur au Centre d’études libanaises de Londres. « Ces enlèvements sont une boîte de Pandore : ils révèlent ce qu’il est possible de faireau Liban. D’autres clans vont certainement se dire, ‘c’est possible, pourquoi pas nous ?’« , regrette le chercheur.

« LE GOUVERNEMENT LIBANAIS JOUE LA VICTIMISATION »

Se faire vengeance soi-même, puisque le gouvernement est trop faible pour agir : c’est bien dans cette optique que le clan Moqdad a adressé un ultimatum aux rebelles syriens, demandant la libération de Hassan Al-Moqdad dans les 48 heures. Faute de quoi, le clan menace d’exécuter ses otages. Le président libanais Michel Sleiman s’est contenté d’un appel au calme : « Si Dieu veut, les Libanais en Syrie seront relâchés, ainsi que les Syriens enlevés au Liban. »

Pour Elizabeth Picard, directrice de recherche au CNRS, le « vrai problème aujourd’hui, c’est qu’au Liban, on peut enlever n’importe qui, pour n’importe quoi. Les premières victimes, ce sont les immigrés syriens, qui sont toujours les premiers à être assassinés en cas de troubles intérieurs. Déjà, en 2006 et 2008[années de la guerre entre Israël et le Hezbollah et de loffensive des partisans du Hezbollah sur les quartiers sunnites de Beyrouth], plusieurs dizaines d’entre eux sont morts ».

La montée des violences au Liban est intimement liée aux événements syriens. Historiquement, les conflits syriens ont toujours débordé chez le voisin libanais.« Bachar Al-Assad avait prévenu qu’il mettrait la région à feu. En face, les pays du Golfe qui soutiennent l’ASL laissent entrer de l’argent et soutiennent des groupes armés sunnites. Entre les deux, le gouvernement libanais, qui joue la victimisation, instrumentalise cette double intervention pour tenter de regagner en influence dans sa politique intérieure », explique la spécialiste des relations syro-libanaises. Symbole du glissement du conflit syrien au Liban, la ville frontalière de Tripoli cristallise les tensions communautaires entre le quartier alaouite pro-régime syrien et le quartier sunnite, pro-rebelles.

Le Hezbollah chiite, qui soupçonne les rebelles syriens de se servir du Liban comme d’une base arrière avec le soutien des pays du Golfe, se sent directement concerné par les événements syriens. Car en cas de chute du régime baasiste, il perdrait un allié régional de taille, et serait en première ligne face aux puissances régionales sunnites.

Shahzad Abdul

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