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Mélenchon sur Hollande : « Cent jours pour presque rien »


 

Pour Jean-Luc Mélenchon, "Hollande est un social-libéral comme ceux qui ont déjà conduit aux désastres grec, espagnol et portugais"

 

 

L’ex-candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon qualifie de « creux » et de« presque rien » les cent premiers jours de François Hollande, prévenant qu’on ne confondrait pas « normal » et « social-libéral »dans une interview au Journal du dimanche.

Les 100 jours « ce fut une session du temps perdu. Cent jours pour presque rien », affirme-t-il, ajoutant: « quand je regarde le creux des cent jours et la multiplication des commissions, j’en conclus que nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir ».

Selon lui, « Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle. Il l’a dilué dans les sables des plages du Var. Comme si l’élection s’était résumée à une question de personnes: un normal à la place d’un agité et tout serait dit. Eh bien, non. Et on ne parviendra pas à nous faire confondre normal et social-libéral ! », lance l’ex-candidat du Front de gauche.

Lire : La normalité, une posture piégée

« Après dix ans, la gauche revient au pouvoir et tout ce qu’il y aurait d’urgent àfaire, ce serait un collectif budgétaire et une loi sur le harcèlement sexuel ? Nos députés ont voté le collectif: c’est un coup de serpillière sur les plus grosses taches laissées par Sarkozy. Mais ce n’est pas assez pour faire le ménage », estime-t-il.

« IL FAUT FAIRE LE BOULOT MAINTENANT! »

« Pourquoi ne pas avoir passé la loi sur les licenciements boursiers ? (…) Et la loi bancaire ? Il fallait marquer un rapport de force avec la finance (…) ! Il faut faire le boulot maintenant ! L’atermoiement continu laisse les mains libres à la finance ! Assez temporisé ! », estime-t-il.

En particulier, il qualifie de « faute » le fait qu’Arnaud Montebourg n’ait pas fait voter à la session de juillet « la loi interdisant les licenciements boursiers et accordant un droit de préemption des travailleurs sur les entreprises abandonnées par leurs propriétaires ».

Pour lui, il y a eu « capitulation » du chef de l’Etat lors de la négociation du volet croissance, en juin, du traité européen budgétaire: « Hollande est un social-libéral comme ceux qui ont déjà conduit aux désastres grec, espagnol et portugais », affirme-t-il. « Ce n’est pas parce que François Hollande veut être normal que la situation va le devenir », selon lui.

Voir la vidéo : François Hollande et la normalité : les coups de com’ et les ratés

Sur les Roms, il raille l’action du gouvernement: « quelle est la différence entre un baraquement cassé sur ordre d’un ministre de droite et un baraquement cassé sur ordre d’un ministre de gauche ? C’est le degré zéro de l’imagination! La répression ou le statu quo: est-ce la seule alternative ? Ce n’est pas acceptable. Là aussi, il y a des mesures urgentes à prendreouvrir l’accès au marché du travail, par exemple. Valls fait du Valls. Mais c’est Hollande le patron, non ? »

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