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Israël se prépare à une guerre avec l’Iran


Des employés des services postaux tiennent un centre de distribution de masques <br/>à gaz dans un centre commercial de Jérusalem.
Des employés des services postaux tiennent un centre de distribution de masques
à gaz dans un centre commercial de Jérusalem. Crédits photo : Nir Alon / Demotix/Nir Alon / Demotix

Les citoyens se bousculent dans les centres de distribution de masques à gaz et l’armée vérifie les abris antimissiles.

Les Israéliens commencent à croire que l’hypothèse de centaines de missiles ravageant leur pays, en représailles à une attaque contre des installations nucléaires iraniennes, ne relève plus de la politique-fiction. Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien ne fait rien pour les rassurer: il a assimilé hier Israël à une «tumeur cancéreuse».

Cette montée de tension se fait sentir dans les centres de distribution de masques à gaz, qui connaissent un afflux sans précédent depuis des années. Les appels téléphoniques aux centres de renseignements des municipalités pour localiser les abris publics se multiplient. Sur ce front, la mairie de Tel-Aviv, une cible privilégiée avec le quartier général de l’armée et le siège du ministère de la Défense, a annoncé que 60 parkings sous-terrains allaient être aménagés pour accueillir des centaines de milliers de personnes en cas de besoin.

À ce dispositif s’ajoute un réseau de 220 abris publics spécialement conçus pour résister à des missiles. Ils font actuellement l’objet de contrôles renforcés pour vérifier que l’isolation, les systèmes d’aération et de distribution d’eau fonctionneront le moment venu. Signe de l’inquiétude ambiante: la 10, une chaîne de télévision privée, a interviewé des enfants pour savoir s’ils redoutaient une guerre.

À titre de précaution, l’arrière a également été mobilisé par l’armée, qui a testé pour la première fois cette semaine une procédure d’alerte aux missiles par l’envoi de SMS sur les téléphones portables. Cette opération a été menée région par région, afin que seuls les habitants des secteurs visés par une attaque se précipitent dans les abris, ce qui est censé éviter une paralysie de l’ensemble du pays.

Selon Matan Vilnaï, le ministre (sortant) de la Défense civile, chargé des mesures de protection des civils, un conflit «pourrait durer 30 jours sur plusieurs fronts simultanés». Autrement dit, les contre-attaques pourraient provenir non seulement de l’Iran, mais aussi du Hezbollah libanais, voire de la Syrie de Bachar el-Assad sur la frontière nord et des islamistes palestiniens du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza au sud. Selon cet ancien général, les tirs des missiles pourraient «faire quelque 500 morts, peut-être moins ou davantage», un bilan humain qu’il juge «raisonnable». «Il n’y a aucune raison d’être hystérique. Jamais auparavant le front intérieur n’a été aussi bien préparé», a ajouté Matan Vilnaï. Il a toutefois préféré quitter son poste particulièrement exposé pour devenir ambassadeur en Chine…

Nouveaux pouvoirs pour Nétanyahou

Pour lui succéder, Benyamin Nétanyahou a choisi un partisan de la manière forte avec l’Iran en la personne d’Avi Dichter, ancien patron du Shin Beth (le service de sécurité intérieure) et député de l’opposition centriste rallié à la majorité. Selon les commentateurs, le premier ministre a ainsi renforcé le camp, encore minoritaire, des partisans d’une attaque imminente contre l’Iran sans accord préalable des États-Unis.

Pour compléter le tableau, Nétanyahou s’est accordé en tant que premier ministre de nouvelles prérogatives, une décision inédite depuis la création de l’État d’Israël en 1948. Officiellement, la réforme vise uniquement à «rendre le travail du gouvernement plus efficace». Une des dispositions prévoit notamment qu’un ministre absent d’une réunion du cabinet ne pourra plus voter par téléphone ou donner une procuration à l’un de ses collègues en cas d’absence.

Observateurs et membres de l’opposition s’inquiètent de ces changements qui pourraient permettre à Nétanyahou de manœuvrer pour neutraliser l’opposition d’une majorité du gouvernement à une opération contre l’Iran, équivalent à une déclaration de guerre. Interrogé sur ce point, Shimon Pérès, le président, a affirmé très fermement qu’une décision d’attaquer l’Iran «doit être prise de façon légale par le gouvernement ou le cabinet de sécurité».

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