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Mélenchon critique les cent premiers jours de Hollande


Mis à jour le 19/08/2012 à 13:50 | publié le 19/08/2012 à 10:40

Crédits photo : THOMAS SAMSON/AFP

«Nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir», assène l’ex-candidat du Front de gauche. Pour lui, le début de la présidence Hollande est du «temps perdu».

Jean-Luc Mélenchon sort de son silence médiatique. Le candidat du Front de gauche à la présidentielle a accordé une interview au Journal du Dimanche où il critique vertement les cent premiers jours «creux» de la présidentielle Hollande dont il n’est «presque rien» sorti.«Quand je regarde le creux des cent jours et la multiplication des commissions, j’en conclus que nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir» assène Jean-Luc Mélenchon. «Après dix ans, la gauche revient au pouvoir et tout ce qu’il y aurait d’urgent à faire, ce serait un collectif budgétaire et une loi sur le harcèlement sexuel? (…) Est-ce qu’il n’y a pas aussi urgence sur les licenciements, par exemple?», lance l’ex-candidat du Front de gauche. «L’atermoiement continu laisse les mains libres à la finance!»

Il étrille au passage Arnaud Montebourg, coupable à ses yeux de ne pas avoir inscrit cette loi au programme de la session parlementaire extraordinaire.

«Hollande a essayé de nous faire disparaître de l’Assemblée»

«Ce fut une session du temps perdu. Cent jours pour presque rien. Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle. Il l’a dilué dans les sables des plages du Var». Jean-Luc Mélenchon s’en prend également à la «hargne des socialistes et leur incroyable mobilisation contre nous» lors des élections législatives. «Hollande a essayé de nous faire disparaître de l’Assemblée» en dépit du vote des électeurs Front de Gauche pour le PS lors du second tour de la présidentielle, accuse-t-il. Au lendemain de sa défaite à Hénin-Beaumont, Jean-Luc Mélenchon évoquait déjà sa«rupture affective» avec le PS, coupable à ses yeux de ne pas l’avoir soutenu dans sa campagne contre Marine Le Pen.

La décision du ministère de l’Intérieur de démanteler des camps de Roms est également fustigée par l’ex-candidat à la présidentielle. «La répression ou le statut-quo, est-ce la seule alternative? Cela n’est pas acceptable. Il y a des mesures d’urgences à prendre: ouvrir l’accès au marché du travail, par exemple». Jean-Luc Mélenchon estime que sur ce dossier, «Valls a fait du Valls», mais François Hollande aurait dû intervenir. «C’est lui le patron, non?».

Mais où était passé le candidat malheureux aux législatives, absent des médias depuis la fin des élections? «Je suis parti au Vénézuela me reconstituer», explique-t-il, en présentant Hugo Chavez comme «une source d’inspiration». «La nouvelle Amérique latine progressiste est l’avant-poste de notre propre révolution citoyenne. Il faut la défendre en bloc.» Maintenant qu’il est revenu en France, Jean-Luc Mélenchon se dit «à la disposition du Front de gauche». Mais, prévient-il, «pas en qualité de potiche».


Montebourg répond à Mélenchon

«Ce n’est pas en 100 jours qu’on change le pays, c’est en au moins 5 ans», a répondu le ministre du Redressement productif en marge de la Fête de la rose. «Pour ma part, pour redresser l’économie, l’industrie de notre pays, je réclame cinq années pleines. Nous allons nous consacrer pendant ces cinq années à reconstruire pierre après pierre une industrie, la mener sur le chemin de la renaissance».

Selon Arnaud Montebourg, «beaucoup de choses ont été faites» et «le Parlement va être très sollicité à la rentrée». «Nous avons besoin de rester soudés face à la difficulté et l’adversité du moment pour réussir à changer les choses. Ca concerne tout le monde, la gauche, comme la droite, comme tous les Français».

 

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